On ne parle pas assez de la retraite… On parle trop de son coût. On la compare trop à l’automne de la vie alors qu’elle en est l’été. Je veux partir à la retraite moi aussi et que commence enfin mon juillet sans fin de mois. La vie qui se déplie doucement comme un transat sous le figuier. Plus de nœuds, plus de complication, moins d’interrogation. Je regarde mon poil blanc qui enveloppe cette tête de cuir, tânée, ridée…. Plus rien à faire. Je suis en juillet pour le reste de ma vie et je ne parle de rien, quand je parle. A moins que je parle tout seul. Je passe mon temps à chercher des petites choses que je n’ai pas égaré. C’est juste que tout ne doit plus forcément être à sa place pour gagner du temps. Ce temps qui ne se gagne plus d’ailleurs, qui ne se perd plus non plus et surtout qui ne se mérite plus. Il est moi, je l’ai confisqué et il m’en reste plein, du plus long, du mieux. Je ne porte que des montres à l’arrêt ou qui ne donnent l’heure que deux fois par jour. Je n’ai plus d’avis. Il ne me reste que des idées dont je ferai quelque chose… Si je veux. Je ne ferai pas de liste, je n’organiserai pas grand chose. J’improviserai et changerai d’avis le plus possible. J’ai rangé mon ersatz social avec le reste de mes affaires d’hiver. L’été commence et je vais battre en retraite. Bonne saison des plaisirs. Bonne vie même avec plus d’argent sur la tête que dans les poches.
La saison de retraite
Il paraît que la retraite c’est l’automne de la vie. Quelle connerie ! Le gris c’est la couleur de l’été.