philosophie Schtroumpfs

Ce rêve bleu

Les Schtroumpfs et leur innocence bleue, esquissent une société idéale et nous tendent un miroir. Et soudain on y voit d’autres bleus.

Il y a peut-être un peu plus qu’un simple conte pour enfant dans l’œuvre de Peyo. Le créateur des Schtroumpfs ayant puisé son inspiration chez les Grimm, Charles Perrault et les mythologies européennes, on y retrouve d’abord l’idée d’un monde parallèle et foisonnant, invisible bien que sous notre nez. L’idée d’une présence « magique » parmi les hommes fascinant n’importe quel humain jusqu’à son dernier souffle. Mais cette petite communauté à qui on a prêté bien des qualificatifs (communiste, hippie voire pire…) agit surtout comme un fantastique miroir sur ses lecteurs en transmettant les stéréotypes de notre société à ces créatures de la forêt. Comme les sept nains avant eux, ils synthétisent ce que nous sommes ou avons été parfois, souvent, toujours. Maladroit paresseux, grognon… On a tous un ou plusieurs alter ego dans la société Schtroumpf, un ou plusieurs lutins à qui s’identifier. Des travers qui sont d’ailleurs les ferments de leur personnalité et définissent leur place dans la société. Goumand fait des gâteaux, Costaud fait du sport, Bricoleur construit…etc. Chacun est à l’exacte place que lui assigne son moi profond ce qui a bâti une société idéale où il exprime pleinement sa personnalité… Bref, il est heureux. Ajoutez à cela, un modèle social sans compétition, sans argent ni classe et vous obtenez une utopie parfaite qui – par son harmonie écologique – n’a pas fini de faire rêver. Mais évidemment, ce yin ne peut exister sans son yang, l’inénarrable Gargamel, incarnation de la réalité de notre monde, dangereux, cupide, violent… et un peu couillon.  

Sous leurs atours mignons et simplets, les Schtroumpf sont les ambassadeurs d’un monde parfait qu’on quitte malheureusement trop vite à l’automne de notre enfance. Peut-être que ce bleu, symbole de candeur, est finalement la couleur de la sagesse.