Fin Janvier 2025. Il faut écrire. Je m’y mets le jour de la mort de Bertrand Blier, qui suit de près David Lynch dans son dernier voyage. en un week-end tout un pan du grand mur s’est effondré. Le cinéma est très très orphelin. Et j’aurais pu ne pas en parler parce que nous sommes en Mars et qu’on a envie d’évoquer la renaissance et le soleil. Et j’ai pas pu. Le printemps continuera d’arriver et le soleil de se lever tandis qu’on ne valsera plus sur Mulholland Drive et ailleurs. Lynch et Blier, deux pôles de ce formidable aimant narratif qu’est l’absurde. Le premier l’esthétisait à outrance tandis que le second l’embarquait dans ses délires sociaux et parfois franchouillards. Deux approches diamétralement opposées qui exploraient finalement les mêmes zones d’ombre de l’âme. Et deux expériences cinématographiques sans liens apparents si ce n’est celui de bousculer… jusqu’à l’inconfort parfois. De faire tomber le quatrième mur aussi et inviter le spectateur à la fête. Souvenons-nous de David et Bertrand comme deux impressionnistes qui ont laissé un formidable héritage mais assez peu d’héritiers.
Préparez vos mouchoirs
L’absurde a perdu deux de ses maîtres. Il en reste encore mais le cinéma vacille.. Blier et Lynch sont partis. L’art libre est orphelin