Aller jacter à l’Est…

On devrait tous parler alsacien, ne serait-ce que parce que ça ne sert strictement à rien, à part prouver qu’on est alsacien.

Claudio Capéo est un garçon qui a toujours assumé – voire revendiqué – son identité régionale. C’est un alsacien né à Mulhouse et élevé un peu plus loin dans un petit village au pied des Vosges, Steinbach pour les intimes. A la faveur de son précédent album, il a voulu rendre hommage à ses origines italiennes mais sa terre natale est à l’Est, coincée entre deux chaînes de montagne, dans un pays qui a connu bien des bouleversements.  L’Alsace c’est la montagne sans les sommets, la mer sans l’horizon, la vigne sans le vin rouge (ou presque), un pays où – pour paraphraser le Toulouse de Nougaro – l’Allemagne pousse un peu sa corne. Petite bande de terre à qui on a trop souvent demandé de choisir un côté, à qui on n’a pas forcément laissé le choix, elle est aujourd’hui pétrie d’un sentiment territorial fort. Fort comme les gaillards et les arbres qui y poussent. On ne parle pas de l’Alsace comme on parle de la Corse, de la Bretagne ou des bords de la Méditerranée… on n’en parle pas d’ailleurs. Ca leurs va bien aux alsaciens qu’on en parle pas trop de leurs pays, ça pourrait faire venir du monde et troubler la tranquillité de ce pays de cocagne au sens le plus littéral du terme. Noël c’est leurs mois d’Août à eux. Les touristes affluent dans une valse de clichés doucereux tandis qu’ils rasent les murs à colombages en attendant le premier de l’an. Et comment je sais tout ça ? Parce que moi aussi je suis de là-bas.