Vacances

Carte postale

Pas de montre, pas de stress, seulement l’été vrai. Le temps s'endort, les sens s’éveillent et la vie qui n’a plus aucun sens. Pourquoi en aurait-elle un d'ailleurs ?

On se prélasse. On prend le temps… Le temps pour rien et c’est déjà beaucoup ! Il n’y a pas d’échéance, pas de choses importantes auxquelles penser pour demain. Il n’y a rien à préparer en dehors d’un bon repas… Et encore. Le temps est long, chaud, lumineux, irisé. Les sens guérissent lentement de l’anesthésie urbaine alors on s’arrête sur le parfum d’un maquis, d’une boulangerie au petit matin, des fragrances de la mer. On observe les autres avec un peu plus d’attention, on écoute discrètement la musique des conversations ordinaires. On se sent un peu plus relié au grand circuit du monde et on se dit que la vie c’est ça, une perpétuelle jouissance que président l’instant, l’attention et le désintérêt. On se surprend parfois à faire des projets pour la rentrée. On s’y tiendra peut-être. Pour l’instant, on se trouve beau, hâlé comme ça. Tout nous va mieux, surtout la couleur qu’on ne porte pas le reste de l’année. Le soir on traîne sous les étoiles puisque le lit n’est plus un refuge, une clinique pour panser les plaies de la journée. On reste même debout jusqu’à l’aube pour se gaver jusqu’à la lie de cette période enchantée. Le temps viendra où on se dira qu’on rentrerait bien chez nous, parce qu’on est bien à la maison. Mais pas tout de suite. Pour l’instant c’est les vacances. C’est la vie qui marque une pause et la seule question à se poser est de savoir si vous irez à la plage ou si vous préférez rester au frais.