Un homme âgé portant des lunettes et une canne est assis sur un banc à un arrêt de bus un jour de pluie, vêtu d'un costume marron et d'un nœud papillon.

Le voir pour le croire ?

Disney et sa manie des remakes live, floute les frontières entre imaginaire et réalité, et pose une question : faut-il voir pour y croire… ou croire sans voir ?

Avec la version live de Lilo et Stitch, ce mois-ci dans les salles, Disney poursuit sa stratégie de “réalisation” au sens littéral du terme. L’oncle Walt a façonné l’imaginaire de plusieurs générations à coup de crayons et 100 ans après la création du Walt Disney Studio qui s’appelait alors Disney Brothers Studio, tous les rêves dessinés par le créateur deviennent réalité. D’aucun y voit l’enfermement de l’imaginaire dans le format trop palpable du film live comme si le rêve d’hier devait désormais s’incarner, devenir tangible. Est-ce un bien ou un mal ? Finalement qu’importe. Le procédé interroge notre époque toujours plus cartésienne et rationnelle qui a besoin de voir pour croire. Mais n’est-ce pas là la suite logique de ce qu’a toujours fait Disney, gommer les frontières entre la réalité et l’imaginaire ? N’est-ce pas la raison pour laquelle, la firme aux grandes oreilles a construit des parcs où tout un chacun peut s’immerger dans son propre rêve, le toucher, vivre dedans et oublier l’espace d’une journée la réalité du dehors ?  Puisque l’époque permet de faire tomber la barrière visuelle, la magie n’agit-elle pas encore davantage sur nos sens ?  Un rêve plus réel n’est-il plus un rêve ?